Les Radium Girls

Les images utilisées pour la couverture ne sont pas celles des vraies Radium Girls.
Il ne s’agit ici que d’images d’illustrations.

Qui étaient-elles ?

Il s’agit des ouvrières américaines de l’usine US Radium basé dans le New Jersey au XIXe siècle. Durant leurs journées de travail, elles étaient exposées à du radium contenu dans la peinture utilisée pour peindre les cadrans lumineux. Parmi les ouvrières, cinq ont été mises en lumière lorsqu’elles ont décidé d’assigner en justice leur employeur.

Les Radiums Girls, en détail

Entre 1917 et 1926, l’United States Radium Corporation a commencé l’extraction du radium pour produire une peinture fluorescente qui a été utilisée pour des montres radioluminescentes pour l’armée. L’usine dans le New Jersey était principalement consacrée à la peinture au radium des cadrans de ces montres, la majorité des employés étant des femmes.

Par jeu, les ouvrières peignaient leurs ongles, leurs dents ou encore leur visage avec la peinture sans savoir les effets mortels du radium. Au-delà des jeux, les ouvrières étaient contraintes d’épointer leurs pinceaux avec leurs lèvres ou leurs langues (pratique encouragée par leurs responsables) pour conserver la pointe fine.

Ce n’est pas vraiment une surprise : beaucoup de femmes ont commencé à avoir des problèmes de santé plus ou moins graves, allant de l’anémie à des tumeurs, des nécroses de la mâchoire ou encore des fractures osseuses. Les premiers décès arrivant relativement tôt : dès 1922. Plutôt que d’admettre la situation et agir, l’US Radium Corporation lance une véritable campagne de désinformation dans lequel la cause des problèmes de santé des ouvrières est attribuée aux appareils de radiographie primitifs de l’époque. De nombreuses plaintes ont été refusées sous prétexte que le problème n’était pas la peinture mais des “impuretés” présentes dans celle-ci. Enfin, les responsables de l’entreprise ont aussi fait pressions sur les spécialistes de santé pour que les décès des ouvrières soient attribués à des maladies répandues à l’époque (parmi lesquels la syphilis).

Parlons maintenant du procès ! Grace Fryer, ouvrière de l’usine, s’est décidé à poursuivre son employeur et après avoir cherché un avocat prêt à la représenter (sa recherche à durée 2 ans). En 1927, Grace et 3 autres ouvrières assignent l’US Radium devant les tribunaux. Les femmes ont gagné le procès et chacune des plaignantes à reçu une indemnisation individuelle allant de 600$ à 10 000$.

Et aujourd’hui ?

L’histoire des Radiums Girls a tenu un rôle très important dans le domaine de la santé mais aussi dans celui des droits des salariés aux Etats-Unis, notamment car les personnes les plus exposées aux radiums étaient les femmes, là où les hommes évitaient de s’exposer aux dangers du radium (dont ils étaient les seuls à avoir connaissance). Suite à cette histoire, les normes de sécurité industrielle ont été améliorée. Pour ce qui est du radium, ce n’est qu’après la mort d’un riche industriel intoxiqué au radium en 1934 que des réglementations ont été mise en place.

Mae Keane, la dernière radium girl est décédée en 2014 (elle avait 107 ans) après avoir perdu ses dents et survécu à deux cancers.

Maintenant si on regarde la pop-culture, les Radiums Girls sont très présentes ! Parmi toutes les représentations, en voici une petite sélection :

  • « The Innocence of Radium » (Night Photograph, 1994) de Lavinia Greenlaw
  • Radium girl (2013), est un thriller du cancérologue Jean-Marc Cosset professeur à l’institut Curie de Paris
  • La pièce de théâtre Radium girls (2018) et la saga Radium Girls (2020, 2021) d’Anne-Sophie Nédélec
  • La bande dessinée Radium Girls (2020) de Cy

J’espère que cet article t’a plu. N’hésite pas à laisser un commentaire.
Pour retrouver d’autres portraits : Personnalités inspirantes.

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3 commentaires

  1. J’ai entendu parler de ces femmes et de ce qui leur est arrivé lorsque la BD est parue, j’espère la lire un jour. C’est vraiment une histoire terrible… dont certains aspects ne sont malheureusement pas surprenants… 😦

    Aimé par 1 personne

    • Cette histoire est vraiment à la fois irréelle et complètement prévisible… Ici ce sont des femmes mais on sait combien d’ouvriers ont aussi été victimes de la bêtise humaine (exploitation, etc.) Je n’ai pas encore lu la BD mais je vais essayer de me la procurer rapidement 🙂

      Aimé par 1 personne

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